Autour des Cailloux du Salagou

Le beau temps était au rendez-vous ce 14 mai 2019 autour du lac du Salagou.

Rendez-vous avait été pris au village de Liausson qui domine le lac et ses alentours tout rouges, pour donner quelques brefs renseignements sur le barrage avant de plonger dans l’histoire géologique du bassin de Lodève à partir de l’ère primaire soit il y a 540 millions d’années.

On est ensuite descendu vers le lac et on s’est arrêté au milieu de ces roches
rouges appelées Ruffes qui se présentent en strates bien régulières.

Petite anecdote peu connue : un professeur de dessin de Clermont l’Hérault(gendre d’une de nos adhérentes) est venu avec ses élèves en 1985 faire du landcraft dans ces ruffes….. et ce fût le début de ces dessins, messages, déclarations d’amour faits avec ces petits cailloux de pépites et de gré
de différentes couleurs qu’on regarde tout le long de la route.

Les ruffes sont des roches formées de sédiments argileux et d’oxydes de fer (rouges en milieu oxydé, vert-bleu en milieu réducteur). Ils proviennent de l’érosion des roches du massif hercynien (actuellement massif-central), se sont déposés en milieu aquatique, calme, sous un climat chaud, tropical, humide à semi-aride de -300 à -250 millions d’années soit à la fin de l’ère primaire.

Le troisième arrêt à permis de découvrir des roches noires : le basalte,
roche volcanique, roche la plus récente : fin de l’ère tertiaire et début
de l’ére quaternaire (le volcan d’Agde à 700000 ans). La lave basaltique en se refroidissant forme des prismes perpendiculaires au sens de l’écoulement,
on les appelle « orgues volcaniques ».

Ainsi on a pu voir le reste d’un cheminée volcanique (les orgues sont horizontales) au neck de la roche et un peu plus loin, un dyke (la lave est sortie par une fracture). Au plus prés de la cheminée,
on a observé que l’aiguille d’une boussole n’arrive pas à se stabiliser pour
indiquer le nord ce qui signifie qu’à l’époque de la coulée, le champ magnétique
terrestre était différent.

Puis entracte gustatif au restaurant « La Calade » à Octon. (repas en terrasse agréable et bon).

En début d’après-midi, on est allé voir la dalle de la Lieude à Mérifons, site très intéressant qui mériterait une meilleure mise en valeur. On y voit nettement des empreintes de plusieurs espèces de plantigrades à 3 ou 4 doigts,
les Thérapsidés, proches cousins de reptiles mammaliens, nos ancêtres directs.
On y voit également des fentes de dessiccation (mudcracks), des rides, indiquant toujours un milieu lacustre sous un climat très chaud où les animaux terrestres venaient se désaltérer.

Aucun volontaire cette fois 7 pour monter au château de Malavieille dont il reste quelques murs construits sur une cheminée de basalte.

Dernier arrêt sur le chemin du retour : le cirque dolomitique de Mourèze
avec la montée au belvédère qui surplombe le joli village de Mouréze.

La dolomie est une roche carbonatée riche en dolomite, minéral contenant
du calcium et du magnésium. Elle s’est déposée dans une mer chaude et peu profonde prés des coraux. Elle est venue en surface lors de la formation des Pyrénées à la fin de l’ère secondaire et c’est l’érosion par l’eau de pluie
qui a donné ces reliefs si particuliers.

Merci Françoise pour ce cours de géologie, pour ta gentillesse et ta disponibilité.